Nommer le bénéfice collectif
Il arrive, dans les dynamiques de recherche-action participative, un moment singulier : celui de la clôture institutionnelle.
Ce moment ne marque pas nécessairement la fin des relations, ni celle des apprentissages, ni d’ailleurs celle des déplacements produits par l’expérience collective. Pourtant, une exigence apparaît : rendre compte.
C’est souvent à cet endroit que surgit explicitement la question du bénéfice collectif, non plus comme intention mobilisatrice
initiale, mais comme objet d’évaluation.
Cette interrogation m’intéresse dans le cadre de ma thèse consacrée à l’évaluation comme conduite du collectif pensant et à
l’élaboration d’une épistémologie développementale des sciences citoyennes.
Le bénéfice collectif est-il un attendu programmatique inscrit dans un dispositif, ou un effet émergent qui ne peut être nommé qu’à partir de l’expérience vécue par les acteurs ?
À quelles conditions l’évaluation demeure-t-elle hétéronome, fondée sur des critères externes, et à quelles conditions peut-elle
devenir développementale, soutenant l’autonomie d’un collectif capable de se penser lui-même ?
Ce billet ouvre un chantier et inaugure un Carnet d’exploration thèse, espace où je documente progressivement les dossiers,
fiches conceptuelles et références bibliographiques qui structurent cette recherche.
L’orientation de ce carnet n’est pas fixée à l’avance ; elle se construit en chemin, au contact des ressources rencontrées -
lectures, échanges, situations vécues, contraintes et possibilités du quotidien.
Apprendre à conduire une thèse hors-pistes, avec exigence scientifique, suppose aussi de tenir compte du réel de sa propre vie et
des conditions concrètes de production de la pensée.
Dans un premier temps, ce carnet questionnera la grammaire conceptuelle, et les ancrages situés viendront plus tard, lorsque leur exposition sera juste et que les conditions de leur partage seront réunies.
