Test anti-belle-histoire

Quand je mets un épisode en récit, surtout avec l’aide d’une IA, le texte a tendance à trop bien s’enchaîner. Les événements se mettent à se causer les uns les autres, une trajectoire apparaît, et l’on croit après coup que tout devait arriver ainsi. Ce test sert à repérer et à défaire cette cohérence de trop.

Le principe : prendre chaque relation du type « A a mené à B » que le récit formule ou suggère, et lui poser froidement quatre questions. A est-il attesté ? B est-il attesté ? Leur ordre dans le temps est-il attesté ? Existe-t-il une trace que A a effectivement contribué à B, ou est-ce une interprétation construite après coup ? Chaque relation est ensuite classée : attestée, interprétation étayée, hypothèse plausible, inconnue, ou téléologie possible.

Puis on cherche activement ce que le récit a fait disparaître : les hésitations, les chemins parallèles, les questions intermédiaires, les possibles abandonnés, les bifurcations, les formulations antérieures différentes, et les interventions d’outils ou d’IA qui ont contribué à la cohérence finale.

On produit enfin deux représentations séparées : la chronologie minimale que les traces permettent d’établir, et l’hypothèse interprétative du moment. Comparer le récit aux deux fait ressortir les phrases qui présentent comme un fait ce qui n’appartient qu’à l’interprétation.

Ce que ce test prétend n’est pas que le résultat dit vrai. Il augmente les chances de détecter, de rendre visibles et de corriger les histoires qu’on se raconte quand elles sont trop cohérentes pour être sûres. Première application datée : EFF-0002.

Stéphane Caillaud · CC BY-SA 4.0