Les données de ma recherche
Ce dossier est la pièce de these.cooplab.org vers laquelle pointe le point d’entrée Cooplab. Il documente une question qui est aussi un objet de ma recherche : comment quelque chose qui arrive dans une expérience vécue en vient à être constitué en donnée, puis en connaissance.
Cette préoccupation vient de loin, comme le raconte l’À propos : une attention ancienne à la qualité de mes pensées, l’entrée en 2003 dans une vie numérique connectée, puis la rencontre du passage donnée → information → connaissance → capacité d’agir.
J’emploie « données de la recherche » au sérieux, au sens de la science ouverte. Mais sans supposer que tout ce qui m’arrive serait spontanément une donnée. Trois distinctions tiennent tout le dossier : ce qui arrive n’est pas ce dont je garde trace ; ce dont je garde trace n’est pas nécessairement une donnée de recherche ; une donnée ne devient pas mécaniquement une connaissance.
Entre ces états, des opérations que je distingue provisoirement : vivre, remarquer, tracer, constituer en donnée, contextualiser, relier, interpréter, élaborer une connaissance, la mettre à l’épreuve. Aucune n’est neutre. Choisir ce qu’on garde, c’est sélectionner ; catégoriser, c’est déjà interpréter. Une part de ce travail est désormais appareillée par des outils numériques et des IA, ce qui rend ces précautions plus nécessaires, pas moins.
Le dossier documente progressivement cette fabrique : quelles traces sont conservées, comment elles changent de statut, comment elles sont organisées et interrogées, ce qui peut être rendu public, et quelles précautions permettent de distinguer description, rapprochement, interprétation et connaissance provisoire.
Les instruments
Les instruments avec lesquels cette fabrique se documente vivent dans le sous-dossier Instruments. Trois donnent déjà à voir : la frise chronologique (quand, dans quel ordre) et la carte-récit (où, dans quels lieux et milieux), pour l’instant en version pédagogique ; et GoGoCarto (qui, quels acteurs et initiatives), la seule déjà peuplée, avec une instance vivante sur le territoire.
Un quatrième est en gestation : le modèle de données, la pièce où les autres s’accordent ou choisissent de ne pas s’accorder, et où se pose l’enjeu des données interopérables. Il n’existe encore que sous forme de texte.
D’autres suivront à mesure qu’un besoin réel se présente : une carte de liens, une carte des lieux.
Stéphane Caillaud · CC BY-SA 4.0
